Les Carnets du Grand Chemin

Les dévastés

L'action se passe quelque part dans le monde dans une favela, un bidonville. Au coeur d'une ville monde. On n'en sait pas plus, et c'est ce qui confère son universalité à ce livre cathédrale. Nacho Morales est l'humain le plus à la marge qui soit : petit, miséreux, estropié, pour tout faire, il dépend de quelqu'un. Cependant, il est le prophète involontaire d'une bande de crève-misère dépareillés qu'il mène jusqu'à un eldorado : la Tour de Torres, construction illégale et abandonnée, sur un océan de poubelles, faite de béton et de courants d'air.


L'ennemi-le besoin

Renoncé à la pérégrination.
Renoncé au départ, à la contrainte, la solitude, la difficulté.
Renoncé à tout ce qui œuvrait à sa réussite.

Renoncé à ce qui l'avait rendu nécessaire ?

Renoncé à la curiosité.
Le confort du chalet, ennemi de la curiosité ?
Si non, qui est le coupable ?
Et la curiosité, où trouve-t-elle sa source ? Dans un besoin vital, une survie ?

Dans la compensation d'un manque ?
A-t-elle une fin ?


Raccourci

J'interroge une erreur que j'ai faite longtemps : pourquoi et comment ai-je si longtemps confondu New Order et The Art Of Noise ?

L'usage des sons électroniques, une certaine froideur du son, le côté structurant des basses ?

Les points communs sont maigres au regard des différences.


Des voix

Quel étrange livre que celui-là. C’est d'ailleurs pour ça, et parce qu'il est beau (typo, matière, jeu vaporeux des couleurs, évidement au milieu, écritures hébraïques intrigantes...)  et que l'éditeur comme l'auteur m'ont été parfaitement vantés par mes sites critiques de référence que j'ai eu très très envie de lire. En sachant très bien que je pouvais sortir très décu, parce que le thème et son traitement ne sont vraiment pas du tout ce qui me fait vibrer, à la base. J'y allais donc, curieux, chercher une expérience singulière.


photo Polygones de dessiccation

Polygones de dessiccation

"Ils s’étaient soudain rendu compte que le temps avait désagrégé leur passé, alors que durant leur enfance et leurs années de jeunesse, ils l’avaient considéré comme un ensemble compact et bien cimenté. Tout s’était dissocié, rien ne manquait de ce qui leur était arrivé jusqu’à ce jour et pourtant, ce n’était plus la même chose. L’espace avait été divisé en lieux, le temps en moments, les événements en épisodes et les habitants de la rue Katalin comprirent enfin que de tout ce qui avait constitué leur vie, seuls quelques lieux, quelques moments, quelques épisodes comptaient vraiment, le reste ne servait qu’à combler les vides de leur fragile existence, comme les copeaux dans une caisse préparée pour un long voyage empêchent le contenu de se briser."
Magda SZABO, Rue Katalin, ed. Viviane Hamy

Watership Down

Un roman picaresque avec des lapins...
Dix fois que je reprends l'intro de cet article... Comment dire qu'un des meilleurs livres que j'ai lus ces derniers mois est un roman animalier (les anglais se fichent parfaitement ce détail, les français lèvent un sourcil navré..), la fuite d'un groupe de lapereaux, de leur garenne d'origine, vers un eldorado, anticipant l'arrivée d'un danger pressenti ?