Retourner danser simplement, retrouver les fondamentaux, les évidences, le sens, le choix, le besoin qui m'a porté un jour dans ces cabanes obscures pour la seule délectation des sons amplifiés. Ces dix dernières années, un renversement, une envie neuve, puissante, différente, une curiosité nouvelle m'a fait brusquer ma nature et j'allais faire le con dans des festivals. D'un côté, je critiquais, de l'autre, espérant toujours le grand soir, j'y revenais. J'attendais qui ? J'espérais quoi ? Évidemment ça ne pouvait pas durer. Motivation en berne, évidente inadaptation, agacement généralisé, rejet, n'en ajoutons plus, cette fois je lâche l'affaire. Je n'y trouve définitivement plus aucun intérêt.
Pas le compositeur qui m'a fait aimer la musique dite classique, mais un avec qui je chemine malgré tout depuis longtemps. De la Sicilienne de Pelléas et Mélisande au requiem, une certaine familiarité qui soudain, par le jeu opportun des dates, se transforme en plaisir ému et renouvelé, en exercice de mémoire.
Je lui envoie une photo de mes raviolis, au fond de la casserole.
Elle me répond : "tu manges des chaussettes ?"
... Je suis dingue de cette femme.
Photo de Jametlene Reskp sur Unsplash
Nous sommes fous. Mais il y a tellement de plaisir à prendre dans tout ce qui nous arrive que nous aimons danser en regardant l'effondrement. Nous aimons tellement danser. Nous le ferons de plus en plus vite, de plus en plus mal, sans plus savoir que nous le faisons. Déjà, nous ne comprenons plus le sens des mots que notre bouche prononce en souriant. Nous en aurons enfin fini, quelques uns pleureront peut-être, mais nous partirons malgré tout heureux et sans regret.