Les Carnets du Grand Chemin

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La maison vide

La maison vide est le titre du nouveau roman de Mauvignier. Je ne vais pas en parler, ou très peu, je ne l'ai pas lu, ne le lirai probablement pas parce qu'il sera victime comme beaucoup de livres de rentrée, portés par la promo, d'une exégèse qui dépassera outrageusement ses qualités et son intérêt narratives et stylistiques, exégèse qui permettra d'avoir un avis sans même l'ouvrir, je ne devrais pas m'en vanter, il n'y a pas de condescendance ou de mépris, mais tant de livres à lire ayant au moins autant d'intérêt et besoin de plus de promo de la part des libraires que je me concentrerais sur ces modestes qui n'ont de modeste que leur distribution, et je fais vraiment des phrases trop longues alors que je n'ai pas encore abordé mon sujet.


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Mood

Matin de départ. La température à plus de 20 degrés déjà,  6 heures du matin, mais il faut savourer. A cet instant, la lumière est encore douce. Dans trois heures tout au plus, on ne sera pas encore dans le col, mais la chaleur aura saisi les marcheurs sur le sentier dans leur première pause, là-bas sur le presque horizon. Voila ce qui me manque, ici, cette déchirure irrégulière entre le ciel et la terre, pas une élévation folle, non pas une montagne à plus de 2000 mètres, pas la douleur, pas de promesse intenable, d'impossible à rêver, mais juste un balcon avec quelque chose de différent derrière, un courant d'air, un vautour, un buisson de mûres et le froissement du vent.
Il est six heures, et ce paradoxe nous tient : attendre le jour ou s'allonger encore un peu ? Partir et profiter de la fraîcheur ou attendre qu'il soit juste trop tard ?
Écouter une chanson engendre parfois des mélancolies inattendues.


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Mal

Perdre sa lucidité. Ça a beaucoup de formes. Je croyais connaître cela parce que j'avais marché en plein soleil, traînant pendant plus de trois heures une douleur aigüe au pied, la tête prise de vertiges et bourdonnante sous l'effet d'un premier stade de déshydratation (waouh, là, ça fait vraiment aventurier) pour ne pas rater le départ d'un dernier bus, il y a quelques années. Cette année, j'ai ajouté quelques cordes à mon arc d'aventurier en carton (plutôt des expériences enrichissantes au final, même si l'une d'elle aurait pu être tragique).


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Cabre

Il y a dix ans, je découvrais aussi le massif cantalien, et le lieu ou je veux résider, mort, moi qui ne crois pas à l'après-vie.


photo Lâcher l'affaire

Lâcher l'affaire

Retourner danser simplement, retrouver les fondamentaux, les évidences, le sens, le choix, le besoin qui m'a porté un jour dans ces cabanes obscures pour la seule délectation des sons amplifiés. Ces dix dernières années, un renversement, une envie neuve, puissante, différente, une curiosité nouvelle m'a fait brusquer ma nature et j'allais faire le con dans des festivals. D'un côté, je critiquais, de l'autre, espérant toujours le grand soir, j'y revenais. J'attendais qui ? J'espérais quoi ? Évidemment ça ne pouvait pas durer. Motivation en berne, évidente inadaptation, agacement généralisé, rejet, n'en ajoutons plus, cette fois je lâche l'affaire. Je n'y trouve définitivement plus aucun intérêt.


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Protéger

C'est donc ça, d'avoir passé cinquante ans. Les enfants là ou pas, un moment, pas du tout, plus tard, d'autres priorités, d'autres envols, encore des projets, des préoccupations dont on ne comprend pas tout, mais toujours un mot, toujours le besoin, l'envie, que l'on soit au courant. C’est parfait, j'ai imaginé ça mille fois, je l'ai voulu, je l'ai chéri, cette belle indépendance reconnaissante. Je crois que l'idée qu'ils sachent plus, différemment, mieux que leurs aînés était un besoin. Je m'imaginais vieillir, usé d'être curieux, usé de tout effort de remise en cause...

Mais avoir cinquante ans, ce n’est pas ça. C'est plutôt le renversement de cet état d'inquiétude chronique et maniaque où soudainement, on est plus inquiet des initiatives de ses parents que de ses enfants. Lorsque on leur dit "fais attention, prends soin de toi, sois prudent, appelle-nous"...