Et paf, nostalgie.
Je suis vieux, en transition pro, un aller-retour à Mamers aura suffi à faire resurgir quelques souvenirs, symboliques et synthétiques de ces vingt années d'enseignement.
Je sors donc de ce comité qui vient de valider mon financement et ainsi mettre un terme au pénible, laborieux et si long dossier bancaire de la boutique, et je me dirige vers Mamers, pour découvrir la simulation de mes enseignes.
Les tours de Brueghel. Comparaison, signification et critique de ces analyses. Parce que, vraiment, ça me tourne en rond dans la tête depuis un moment, ça tourne à la fascination, et surtout, ça gratte un peu de lire n'importe quoi sur le sens de ce texte..
"Tout ce qui monte converge". Theillard de Chardin

Le religieux faisait partie de la "Croisière Jaune", la grande expédition financée par Citroën en 1931 ayant pour but de faire la promo de la marque sous couvert de mission d'exploration anthropo-coloniale.
Ils sont beaux mais leur plaisir à être là et ensemble est déjà gâché. Il le sera toujours. Ils sont beaux et ils feignent un naturel qui n'existera jamais. Ils sont beaux mais ils n'ont pas d'existence et n'en auront jamais. C'est un couple qui n'existe pas, mais trouve aussi son plaisir à ignorer ce préalable. Elle a déjà "une vie". Établie. Belle. Une "vraie". Des enfants, grands, un travail, un mari. Une vie dans laquelle il y a très peu d'espace pour lui, en face d'elle en ce moment, encore si jeune, si excitant, avec sa vie, belle aussi. Excitant comme tout ce temps volé, arraché à sa raison autant qu'à son emploi du temps. Arraché avec les ongles, avec les dents.
Ils sont beaux, mais ils n'existent pas.
Dans la catégorie "la récurrence de ce sujet est trop fréquente ces dernières semaines pour ne pas être un message caché à déchiffrer", ma paranoïa se porte cet été sur l'épisode biblique de l'Echelle de Jacob...
En gros, Jacob est fatigué d'avoir voyagé tout le jour. Il s'endort sur une colline et rêve d'une échelle qui monte jusqu'au ciel, parcourue par des anges, au sommet de laquelle se trouve Dieu (excusez du peu)...
Conséquences d'un choix, certains choses trouvent leur fin. Après onze années de formations, je quitte le CNFETP et mes toutes petites fonctions de formateur-intervenant. Difficile pourtant de dire adieu à ces rituels, allers-retours de nuit, nuits d'hôtel solitaires, stress systématique, émulation professionnelle, syndrome de l'imposteur ; à cette petite famille, ces sourires constants, cet enthousiasme, ces encouragements, ce petit écrin, cette ville de crachin, de patrimoine, de concerts, à ce fleuve magnétique le long duquel j'ai souvent erré. Nantes n'est pas qu'une ville où perdre son parapluie. J'ai tissé au fil des années le long du cours de la Loire une sorte de protocole passionnel qui nourrira probablement ma nostalgie pendant quelques mois.
