« J'ai vu tant de choses que vous, humains, ne pourriez imaginer... Des navires de guerre en feu, surgissant de l'épaule d'Orion... J'ai vu des rayons C briller dans l'obscurité, près de la Porte de Tannhäuser... Tous ces moments se perdront dans le temps... comme... les larmes dans la pluie... Il est temps de mourir. » (Rütger HAUER, as Roy BATTY, scène finale de Blade Runner)
On raconte que sur le plateau, l'équipe de tournage a applaudi et pleuré après la performance de ce qui est devenu une page classique du cinéma sous le titre "le monologue des larmes dans la pluie".
Un mot pour dire Charles JULIET : la fragilité. Mais une apparente fragilité. Toute sa vie montre une extraordinaire puissance résiliente, et au final, une vie, une force qui avance.
Les quatre lettres qui composent Dans la Lumière des Saisons sont essentielles, époustouflantes de simplicité et de force, d'abnégation et d'amour, de douceur, de silence. Le regard, comme les mots, de Charles JULIET, sont un trésor.
Livre d'amour, de patience, d'apaisement.

Les voyages se suivent et se ressemblent (quoique, j'en fais qui sont inutiles, nuls ou inintéressants, mais je n'en parle pas), et cette fois, c'est au talent (justement révélé par le Nobel) d'Abdulrazak GURNAH que je le dois, qui arpente autant les sentiers de l'ethno-polar, du récit politique que le récit de voyage, d'aventure, ou du conte des mille et une nuits.

Je me souviens de ma première publication. C'était une courte interview d'une autrice mancelle, qui éditait un conte à compte d'auteur, pour le magazine jeunesse de la ville du Mans. Adèle vient de se faire publier pour la première fois, elle aussi.
Avouez, le titre a de quoi attirer l'attention. Timika tout seul, je serais passé à côté. Mais western ET papou juxtaposés, ça intrigue. Le hasard fait parfois bien les choses. Cette aventure a magistralement clos mon année de lecture. Dépaysement, géopolitique, humour, écologie, aventure, injustice, indépendance, exploiteurs capitalistes, bandits, receleurs, tous les ingrédients sont savamment dosés par Nicolas Rouillé pour faire de ce livre une expédition dont on revient à regrets.
Dans la catégorie bilans, voici pour mémoire la traditionnelle liste des livres que j'ai lus cette année. J'avoue, ça devient un peu compulsif, mais comme il existe peu de plaisir à sortir (en concert, notamment) ces dernières années, la lecture est une passion-refuge très opportune.

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