Les Carnets du Grand Chemin

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Lectures 2022

Pour mémoire, comme chaque année, la liste,quasi exhaustive, de mes lectures 2022, à laquelle il faut ajouter comme chaque année les lectures "jeunesse" faites pour le boulot, et un certain nombre de livres que je n'ai pas achetés, donc rendus à leur propriétaire et dont j'ai perdu les références (des BD, notamment).
L'année prochaine sera différente, je ne sais pas si j'aurai envie, le temps, les moyens de faire une telle liste. La nature de mes lectures devrait aussi évoluer, reflètera-t-elle moins mes gouts ? Rendez-vous dans un an...


photo Dernière oasis

Dernière oasis

L'histoire a tout pour plaire : identifier des reliques antiques en plein conflit irakien, en naviguant entre les forces en présence, pour prévenir leur disparition.
Histoire de mémoire, histoire de préservation. Pas trop en fait.
Les personnages (masculins) sont puissants, infatués, trop sûrs d'eux, surnagent dans la guerre, les trafics, les relations internationales. Ils sont général, archéologue, chef terroriste, patriarche de monastère, chef de tribu. Ca sent le roman noir politique, le James Bond livresque. Ils tirent les ficelles, ils parlent peu. Ils sont tous très chiants, sûrs d'eux, le regard porté vers l'horizon, certains de leur victoire ou au moins de leur destinée. C’est l'écueil de ce roman : tout déborde, dans ce qui est dit. Des personnages de roman d'espionnage, taille "service secret de sa majesté", un paysage plus grand encore, aucune demie mesure, aucune balance, aucune tempérance. Dans tout cet étalage de muscles et de neurones, rien n'est finalement plausible (ou bien ça l'est trop, mais si la réalité peut ressembler à ça, elle doit être pire encore). Divertissant.

Photo de Levi Meir Clancy sur Unsplash : Sinjar, 2020


photo Bel abîme

Bel abîme

Rien que ce titre. L''ironie de ce titre... Où cet abîme pourrait être un lieu de promenade pour Dante.

Disons-le tout de suite, le récit n'a qu'un défaut, celui des livres courts quand ils sont bons : ils mordent, ils brûlent, laissent une trace, mais à peine un souvenir. C'est brillant, précis, chirurgical, mais on s'en remet presque trop vite. Par contre, y replonger les yeux, c'est ressentir la morsure aussi douloureusement. Ces mots-là sont habités.

Bel abîme est un roman explosif, un manifeste sur toutes les strates de l'absurdité, de la violence, du mensonge, et de l'incontrôlable colère qui en résulte. Il se passe en Tunisie, mais son universalité est évidente. 



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Soupir

Dans le silence qui suit la jouissance.

L'amant apaisé sur le ventre de l'amante. Ses lèvres au creux de son cou.

L'abandon presque immobile, les corps à peine soulevés par leurs souffles. Les yeux clos, quelques frissons traversent une sorte de rêve suspendu loin encore de la lumière du jour.

L'amant soupire. Un long soupir, lent, lourd, tremblé.

Presque un chagrin.


Long cours-court terme

C'est à Murat que tout a commencé. C'est donc à Saint Malo que ça vient de commencer, en pratique. C'est à la CCI que ça commencera techniquement d'ici peu. Puis il y aura les engagements géographiques, financiers, esthétiques, effectifs. Et le bateau, j'espère, profitera du jusant pour voguer bien et loin.
Créer sa boutique est un voyage au long cours. Une idée lente à germer, une graine qui ne meurt pas. Malgré la lenteur, malgré l'incompétence, malgré la crainte.

Exaltant. Terrorisant.


La fatigue du matériau

Quand je l'ai acheté, à peine renseigné, à peine intrigué, je ne pensais pas que ce livre serait aussi persistant. Tant de réflexions se bousculent encore, quelques mois après sa lecture, qu'il est évident qu'il fait déjà partie des lectures importantes de mon début d'année.