Quelle était cette vie que je menais ? Quel genre d'homme étais-je devenu ? C'était ma faute et non celle des autres. Je me lassais des gens. Je renonçais et je disparaissais. Je ne gardais personne. Tous abîmés. Sauf les chiens. Complets comme des pierres, ceux-là. Les chiens étaient la seule prison dans laquelle je voulais vivre.
J'avais besoin d'une autre vie pour laver celle-ci.J'avais besoin de nombreuses vies successives pour laver la prochaine, jusqu'à ce que je devienne un monolithe recevant l'offrande du soleil et celle du gel avec la même passivité. Ou un arbre accroché à la terre par de longues racines communicantes. Un langage universel que nous ne connaissons pas encore. Nous, les imparfaits. Nous, les attardés de la perfection.Isabela FIGUEIREDO
Un chien au milieu du chemin
Ed. Chandeigne, 2025
Des images surprenantes, des comparaisons audacieuses, des personnages instables et mal-assumés, une moralité acide et intransigeante. Un livre OVNI dont on se demande s'il a une direction. Dont on se réjouit qu'il n'en ai pas. Un malaise durable et rétroactif. Une liberté mal nommée et intenable. Un monde qu'on prend l'apparence de rejeter mais sur lequel on n'a pas de prise. Des vies qu'on a fait semblant de choisir. L'opportunité de s'en délester.
"Bonjour, je suis Eleonor M., du Magazine du Livre", vous connaissez ? Quel libraire ne connait pas le Magazine du Livre, l'hebdo de référence du métier et de toute la sphère du livre, un quasi faiseur de Goncourt, pour le moins le grand décideur des tendances "saisonnières". Quel honneur.
"Vous connaissez Mr X. et son dernier ouvrage de SF ?"
Non, pas du tout, et puis je ne suis pas grand connaisseur de SF...
Vertige borgésien.
La bibliothèque de Babel peut-elle se dupliquer à l'infini ? Les bibliothécaires servent-ils vraiment le langage ? Sinon, quelle obscure et absurde mission est la leur ? Et cet ultime aparté, la bibliothèque qui tiendrait dans un seul ouvrage...
Tout le monde se servait d'une même langue et des mêmes mots. Comme les hommes se déplaçaient à l'orient, ils trouvèrent une vallée au pays de Shinéar et ils s'y établirent. Ils se dirent l'un à l'autre : "Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu !" La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent : "Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre !"

"Mais les dieux ne répondent plus pour les ivrognes.Bacchus est alcoolique, et le Grand Pan est mort."
Quelle énigmatique sentence :" Le Grand Pan est mort". Surtout lorsque Pascal vient percuter une pochardise de Brassens...
Dans quelques temps, ce podcast ne sera plus disponible. Pas grave, je n'en aurai plus besoin.
D'ici là, c'est l'émission que je risque d'écouter bien des fois.

Photo de Kévin et Laurianne Langlais sur Unsplash