Ça m'aurait vexé surement, il y a encore quelques mois. "Tu as changé". "Je ne t'aurais pas reconnu"... Et bien maintenant, je m'en fous.
Assis sur un banc j'attends un mirage
L'impossible voyage, et le tourment me rattrape
Me détraque le grand vent m'attaque
Je sens la beauté m'échapper
Rongé je me sens esquinté
Oh, j'ai des visions de prisons brutales
Comme Pilate je sens la mise à sac
Oh, c'est la fin, la fin du parcours
Et j'aime errer dans le noir sans espoir
Je suis les orages pour être foudroyé sans impact
Et j'ai le corps soudain assassin
Compact perdu pour l'attaque
Oh c'est la fin, la fin du parcours...
Quelque chose m'échappe, mes réflexes se détraquent
Contraint je vomis toujours plus loin de la vie
Mais j'ai autant de désir qu'un vampire
Qu'un yack, oh, j'ai le désir intact
C'est la fin, la fin du parcours...
Et l'allure s'appauvrit, se singe à l'envie
Et le cœur s'affale dans le très banal
L'amplitude s'oublie entre les instants de vie
Puis on trouve normal d'avoir toujours plus mal
Oh c'est la fin, la fin du parcours...
Et les muscles se lassent, le sourire se fane
Et la peau au contact moins vite se rétracte
Et le goût se trahit les couleurs s'assombrissent
Les passions se chapardent dans d'étranges histoires
Puis un fossé grandit à la jeunesse on envie
L'irruption brutale du désir animal
Et le corps trahit cheveux dents un souci
Par instants on trouve normal dans le cœur une balle
Oh c'est la fin, la fin du parcours
Dans les chansons tout est dit
Trois ou quatre ont suffi
C'était le dernier bal
Bonsoir et bye bye...
Juste un tout petit peu moins de vanité, et tant encore à draîner
Une évidence. Un nom. Un phénomène. Un dieu vivant.
Les images. La posture. La disposition des fûts. La façon de le filmer. Confirmation. Matt Chamberlain est la clé.
Durant ce spectacle où huit chanteurs et musiciens racontent la claque musicale qui les accompagne encore, je fus d'abord enchanté d'écouter des voix qui ressemblaient à la mienne, la rencontre, l'importance du son, les références, l'accompagnement, la recherche d'une fraternité/sororité avec d'autres animaux tels que nous, cette patience inépuisable qui écoute sans lassitude des vies pas toujours bouleversantes raconter l'importance du son, d'un son en particulier, avec lequel on va cheminer, un marqueur de vie, une flamme qu'on chérit, qu'on partage, qu'on entretient, qu'on rallume si besoin. La musique [...]
Qu'il est parfois difficile d'accoucher, surtout le mois de la "renaissance"... Je m'essaie à trois articles différents pour évoquer le mois de mars, définitivement particulier. Les odeurs, les souvenirs, l'enthousiasme... Rien n'y fait, mars m'échappe.
Pourtant tout en toi me plaît.
Alors voila, mars, en un mot comme en cent, n'attendons pas le printemps, faisons l'amour partout !
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Tu gouttes le plat que tu nous a préparé avec autant d'attention que de plaisir pour nous apprendre que ne pas manger de viande, ça ne veut pas dire se priver. Tu dis "j'aime le garam masala parce que son goût est rond". L'image qui me vient est évidente. Elle convient aussi parfaitement aux ingrédients, dont les pois chiches, qui le constituent. Mais ici, le piment a hérissé quelques pointes sur la rondeur du goût.
Rond.
Je repense à l'annonce qu'elle m'avait faite de sa grossesse : "c'est un garçon et nous lui avons trouvé un prénom rond".
Assez peu déterminable, créer une analogie entre une chose et la rondeur est malgré tout puissamment évocateur.
Je pense encore au petit garçon que j'aidais à faire un dessin : "là, on pourrait faire un rond". "Papa, on dit un cercle, c’est les petits bébés qui disent rond". C'est carré !
Petit titre d'un album dans le thème :
Jours de deuil et de mémoire, archives, anecdotes, souvenirs, photos jaunies, tenues improbables, lieux fédérateurs. Visages ressuscitant la mémoire, gestes, mots, odeurs, animaux, dates, enfance, émois...
Nous nous connaissions sans nous connaître, grâce à d'autres en commun nous nous étions déjà croisé, parlé. Nous savons bien qu'avant d’être famille, nous avons été, enfants, -sans quasiment nous connaître, sans nous revoir- des mêmes vacances, skis aux pieds, dans une colonie désaffectée, enfants dans un groupe d'amis cooptés.
Aujourd'hui, toi qui en écoutes si peu, tu me dis : "avec le temps m'est revenu le souvenir de ta sœur, et surtout de ce qu'elle écoutait : Higelin et Chris de Burgh".
Ce souvenir ne peut pas être reconstitué. Ma sœur est assez secrète sur ses goûts musicaux, assez éclectique, aucun fondamentaux, sinon Daho. Et en me disant De Burgh et Higelin, cela me renvoie à des souvenirs et des moments précis de mon enfance, des cassettes, des radios, des attitudes, des chansons, des danses. Même la couleur d'une moquette.
Et toi, tu fais revivre tout cela. Des noms, des notes, des souvenirs qui soudain prennent corps. La musique porte en elle des fantômes qu'un nom, comme une formule de sorcellerie, fait sortir de la tombe.