Un roman picaresque avec des lapins...
Dix fois que je reprends l'intro de cet article... Comment dire qu'un des meilleurs livres que j'ai lus ces derniers mois est un roman animalier (les anglais se fichent parfaitement ce détail, les français lèvent un sourcil navré..), la fuite d'un groupe de lapereaux, de leur garenne d'origine, vers un eldorado, anticipant l'arrivée d'un danger pressenti ?

Au début du roman, Dewi Ayu, la prostituée la plus célèbre de Halimunda, sort de son cercueil, traverse la ville et retourne auprès de sa plus jeune fille, sans que quiconque trouve à y redire. Elle avait décidé de se laisser mourir le jour même de sa naissance, 21 ans auparavant. Absurdité, dérision, Eka Kurniawan raconte une histoire grinçante du 20è siècle indonésien, et plus encore...

"Pourquoi partout, à tout moment, nous chercher du regard ailleurs qu'en nous-même ? Pourquoi est-il si difficile d'entrer en soi si c’est là, parait-il, que nous sommes ? Je veux regarder mon âme. Je veux la voir avec toute ma pensée, même si ma pensée ne va pas jusque là. Pourquoi un regard, un visage inconnu, en aurait-il le pouvoir ? Il est aisé d'éprouver de l'amour, ardu d'aimer".
Pierre CENDORS : Minuit en mon silence, le tripode

Quelle est la malédiction qui m'interdit de jouir de la littérature germanique ? Depuis Peter Handke, je peine à finir un livre traduit de l'allemand (l'exemple type étant le Parfum, de Süskind, dont je n'arrive pas à passer les vingt premières pages...) Je ne m'explique la chose que par une aridité des traductions (mais les traducteurs ne sont pas toujours les mêmes...)

Ce très court texte (80 pages dans sa version poche) m'était tombé des mains quand je l'avais acheté il y a quelques années. Je cherchais du dépaysement et de l'aventure (j'aimais les aventure du juge Ti, et les collections de chez Piquier) et c'était (sûrement), trop statique.
