Sac en cours d'élaboration. C'est facile de penser que cette année, où que j'aille, ce sera plus humide et froid que d'habitude. Ça tombe bien grâce au confinement qui m'a permis de faire quelques économies, j'ai investi.
Donc, dans le sac cette année, il y aura :
Ya plus qu'à...

Premier titre à tourner sur la platine en rentrant le soir.
Assez rongé son frein. Envie d'aller dévorer l'horizon, de s'épuiser dans les bruyères, de se brûler de soleil et de vent.
Ce n'est plus de l'impatience, ce n'est plus un besoin, c'est une nécessité. Une carence de nourriture, de couleur, de solitude, de plaisir improbable, de douleur, de surprise.
Alors au départ, je n'avais pas percuté que j'avais pris des tickets pour l'expo de la photographe-cinéaste qui a fait les pubs Cacharel mièvres-édulcorées-pastel-évanescentes des années 90. A priori négatif dans la première salle. Mais dès le second mur, bam ! Sarah Moon captive par la matière qui déborde du cadre.

ou : petite pièce macabre (Vallotton adorait les histoires noires)
« La vie est une fumée, on se débat, on s’illusionne, on s’accroche à des fantômes qui cèdent sous la main, et sa mort est là. »
Vallotton ne trahit pas la vérité. Il l'enrichit de doutes et d'indices. Le signifié déborde du cadre.
Toute vie déborde d'un cadre.

J'aurais pu m'y attendre. Ce que je suis naïf. Mais il était bien là, niché parmi ses comparses suisses du début du 20è siècle. Retrouver Vallotton lors de la première expo post-confinement fut comme retrouver le contact avec une certaine familiarité enfouie. Dépoussiérage, décrassage.
En plus du Ballon et du Clair de Lune, appartenant au musée, et qui me provoquent toujours le même émoi, l'expo sur les avant-gardes suisses permettait de découvrir d'autres œuvres magnifiques du maître (nabi ?) suisse :