Les Carnets du Grand Chemin

"Je ne verrai ni l'or du soir qui tombe"...

A lui je peux le dire, parce que je ne le connais pas, c’est tellement plus facile.
Je lui dis que je ne marche pas pour me prouver quelque chose, pour aller chercher quoi que ce soit ou me faire mal.
Je suis un animal domestique. J'aime le confort et je n'ai pas d'aptitude à la solitude.
Je marche pour sortir et pour entrer.

Je sais, il suffit d'une porte, pour ça. Pas besoin d'ajouter de chemin ni de paysage.

Mais il faut un peu de temps pour sortir de soi. Il en faut aussi pour rentrer en soi. Et pour cela, le chemin est la porte.

 Il faudra une vie d'exploration de cet intérieur et cet extérieur pour comprendre que c'est l'exploration elle-même qui est la vie. Et qu'il ne suffit pas de l'avoir regardée.

Ouroboros


Chauffer dans la noirceur

Nuit trop courte.
Montée tranquille du stress.
Voyage monotone.
Calme.
En soi, pour arriver prêt.
A l'aurore.
J'aime la nuit calme des habitués de la solitude.
J'aime les contours flous de la nuit.
J'aime arriver à Nantes avec l'aube.


Recto-verso

Marcher entre l'ancien et le nouveau, l'envers et le droit, le jour et la nuit, l'aller et le retour.

Faire demi-tour serait encore avancer.

Faire la bascule, revenir à soi, la tête en bas.

Prendre le monde dans le sens que l'on souhaite.

Voir le ciel partout.


Déserts amers

VIII

Angoisse :
"Nature, rien de toi ne m'émeut, ni les champs
Nourriciers,
ni l'écho vermeil des pastorales


Façonné

Constater à quel point Manset a façonné, en plus de vingt ans, ma relation au voyage, à la musique, aux mots, aux sentiments, via les thèmes de l'isolement, la résignation et la vacuité.

"Que veux-tu de plus que tu n'as pas ?"
C'est assez édifiant.
Et ridicule aussi parfois.

Je garde pourtant toujours un sac fermé prêt à repartir et un peu de poussière du dernier chemin.
Ça a même de plus en plus de sens.


Pas, la nuit

Nantes.
La nuit.
Pavé constellé d'étoiles de mica.