Les Carnets du Grand Chemin

Sans fin

De la source à l'estuaire, c'est sans fin.
Finir 2018 ici, commencer 2019 là.
La Loire innerve ma vie.

Solitude du chemin. Solitude de la chambre d'hôtel.
Le soleil qui se lève ou se couche.
Le corps en tension ou écrasé.
L'Est et l'Ouest.
Appartenir à l'espace entier.
Pas à ceux qui le traversent.


Point assez vieux encore

"Mais le vieux n'était point si vieux en vérité.
Le vieux était simplement rendu à l'âge où un homme ne se conte plus d'histoire. Il était rendu à l'âge où un homme ne craint plus ni les échecs ni les succès. Le vieux était désaffecté et doux. Parfois, sur le chemin, de gros insectes percutaient le vieux dans leur vol. Les insectes percutaient le vieux pacifiquement et le corps du vieux était si souple. Le corps du vieux était tellement empli de paix lui-même qu'il accusait chaque fois un recul de plusieurs centimètres sous l'impact.
Le vieux était un vétéran.
Un sage.
Un fou."

Marc GRACIANO : Liberté dans les montagnes, éditions CORTI


Ô doux chant de ma nuit

Pétales de glace arrachés par brassées.
Marcher dans la gelée.
Dans le noir complet.
Récolter des étoiles
Des gouttes de nuit
Bleues bleues bleues
Bleues encore


Trop vieux pour ces conneries

Paris sous les bombes.
Il manque une dialectique réunificatrice à tout ce cirque.


Métempsychose-résonance

"...As-tu vu ces lumières,
Ces pourvoyeuses d'étés,
Ces leveuses de barrières
Toutes ces larmes épuisées..."


Fondamental

Le lien que cultive la marche avec le souvenir est fondamental. Elle le génère, elle le ravive. Son lien avec la lecture est tout aussi consubstantiel. Leur temps est le même.