Franck s'était mis à courir pour retrouver des défis après son divorce, et tenir éloignés rancœur et tristesse. Il s'était promis le marathon de Paris pour ses cinquante ans. Il a failli s'effondrer. Il a réussi. Aujourd'hui, dans sa voix, du sourire.
On vit de projets. On vit de défis. On ne saurait rester tranquilles.
Et moi, je cours pour quoi ?
Surtout si elle va vers le ciel

Ou, comme aurait dit Theillard de Chardin : "tout ce qui monte converge"

Dernier jour, premier jour, début et fin... etc... Dans mon téléphone, quasiment aucune photo prise depuis deux mois, sinon des fleurs et des couchers de soleil. Alors voici les photos de l'extrême confinement et de l'extrême déconfinement, les dernière et première sorties
Voici donc ma liste d'écoute "confinée". Liste d'écoute qui n'en est pas une, comme d'habitude, puisque elle ne ressemble pas à ce que je me suis programmé jour après jour comme B.O. de mes journées confinées, mais comme toutes mes "playlists", simplement un carnet audio de trucs que j'ai agrégé, jour après jour, quand je les ai repéré, quand j'en ai eu soudain envie, quand ils sont entré dans le chant de l'écoute... Beaucoup de sérendipité, là encore (mais fonctionné-je autrement ?)
Réécoutée ce matin, cette liste est étrange, il y a certains titres que je n'avais pas réentendu depuis le jour où je les avais posté (normal, vu le principe énoncé plus haut), et l'introduction avec Ezra Furman m'a ramené si loin en arrière... Impression d'avoir vécu une longue parenthèse grise en suspend. Une tranquille dépression.
Quelques temps après l'explosion nucléaire, sortant de leurs bunkers, les survivants s'interrogèrent : qu'était le monde devenu ? Plus tard, peut-être ils se demanderaient "comment".

Ça y est, la vie a repris. Je parle vie, je dis mouvement. Et dans mouvement, j'entends ampleur. Le besoin devenait impérieux de m'éloigner plus qu'un kilomètre, plus qu'une heure, quand je voulais, et sans raison.
Premier jour, jour de rentrée pour les plus jeunes, donc... temps de merde. 11 mars, premier des saints de glace. 7°, vent en rafales violentes, plafond bas. Envie de hurler plus fort que la tempête.
Vagues de barbes d'orge, traversé mon lieu de vie jusqu'à ses confins.
Regonflé comme une voile.
Anxieux encore de savoir quand sautera la barre des 100 kms pour l'été à venir...

Stranger Things fonctionne parfaitement parce que, comme E.T., dont la série épuise l'esthétique, la série pioche dans notre fiction intime : l'enfance. Il n'y a rien de plus faux et de plus fantasmagorique que l'enfance. Nous adorons la réinventer, et de préférence glorieuse et édifiante.