Constater à quel point Manset a façonné, en plus de vingt ans, ma relation au voyage, à la musique, aux mots, aux sentiments, via les thèmes de l'isolement, la résignation et la vacuité.
"Que veux-tu de plus que tu n'as pas ?"
C'est assez édifiant.
Et ridicule aussi parfois.
Je garde pourtant toujours un sac fermé prêt à repartir et un peu de poussière du dernier chemin.
Ça a même de plus en plus de sens.
Mes lectures, de l'année, donc, sans classement. Si vous voulez réagir ou interroger, n'hésitez pas.

De la source à l'estuaire, c'est sans fin.
Finir 2018 ici, commencer 2019 là.
La Loire innerve ma vie.


Solitude du chemin. Solitude de la chambre d'hôtel.
Le soleil qui se lève ou se couche.
Le corps en tension ou écrasé.
L'Est et l'Ouest.
Appartenir à l'espace entier.
Pas à ceux qui le traversent.
"Mais le vieux n'était point si vieux en vérité.
Le vieux était simplement rendu à l'âge où un homme ne se conte plus d'histoire. Il était rendu à l'âge où un homme ne craint plus ni les échecs ni les succès. Le vieux était désaffecté et doux. Parfois, sur le chemin, de gros insectes percutaient le vieux dans leur vol. Les insectes percutaient le vieux pacifiquement et le corps du vieux était si souple. Le corps du vieux était tellement empli de paix lui-même qu'il accusait chaque fois un recul de plusieurs centimètres sous l'impact.
Le vieux était un vétéran.
Un sage.
Un fou."
Marc GRACIANO : Liberté dans les montagnes, éditions CORTI