
Bon, après mille tentatives pour essayer de légender cette photo, il s'avère que je n'arrive pas à traduire le sentiment que j'ai eu lorsque je me suis approché de ce tableau.
C'était là. Et rien ne manquait. Bien mieux qu'un décor parce que bruissant de vie. Bien mieux qu'un décor parce qu'il aurait été tellement facile de tout gâcher.
C'était là. C'était donné. Ça n'attendait rien.
Et ça ne disparaîtrait plus.

Ça y est, la vie a repris. Je parle vie, je dis mouvement. Et dans mouvement, j'entends ampleur. Le besoin devenait impérieux de m'éloigner plus qu'un kilomètre, plus qu'une heure, quand je voulais, et sans raison.
Premier jour, jour de rentrée pour les plus jeunes, donc... temps de merde. 11 mars, premier des saints de glace. 7°, vent en rafales violentes, plafond bas. Envie de hurler plus fort que la tempête.
Vagues de barbes d'orge, traversé mon lieu de vie jusqu'à ses confins.
Regonflé comme une voile.
Anxieux encore de savoir quand sautera la barre des 100 kms pour l'été à venir...
...au bout d'un arc en ciel où nos cerveaux malades sortiraient du sommeil"...
Il me manque le frisson où le noir soudain est la promesse du déluge à venir.
Il me manque la fatigue et la promiscuité du rire de l'autre.
La promesse que l'ascension valait la beauté du geste.
Et pourtant, j'aime paradoxalement ce silence, ce vrai silence qui offre au soleil le soin de me réveiller, et la lenteur essentielle des jours.
J'ai le physique des départs, 10 kms de course tous les deux jours, et la mentalité d'un retraité, à discuter de mes fleurs, de l'ennui et du temps qu'il fait.
J'ai mis la tente dans le jardin, comme seule réponse à l'isolement désiré.
Je connais l'heure à laquelle se réveille chaque oiseau, je connais le jour où est éclos chaque bourgeon.

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Paysage. - Ce qui manque aux paysages américains, ce n'est pas tant, comme le voudrait une illusion romantique, qu'on n'y retrouve point de réminiscences historiques, mais plutôt le fait que sur eux la main de l'homme n'a pas laissé de traces. Ce n'est pas seulement qu'il n'y a guère de champ labouré et que les bois n'y sont souvent que des taillis non défrichés ; ce sont surtout les routes qui donnent cette impression. Elles coupent le paysage sans jamais aucune transition. Plus on les a tracés larges et plates - moins leur chaussée luisante semble à sa place dans cet environnement d'une végétation trop sauvage et plus elle semble lui faire violence. Ces routes n'ont pas d'expression.
Je suis "l'homme le plus riche du monde, car je possède silence, espace et solitude".
Une méfiance de principe face à ceux qui documentarisent leur vie, surtout avec force drone et mise en scène.
Passé les effets de narration, j'aime beaucoup ce que fait le gars, son éthique et finalement, sa réflexion (superficielle, dilettante, mais sensible, donc très proche de la mienne). En plus, il aime les mêmes montagnes que moi.