On voit au loin la côte, que l'on a fini par quitter.
Se souvient-on pourquoi, et si le départ était voulu ou précipité ?
On sait ce qu'on y laisse, des lieux, des proches, des mots.
Cela s'appelle nostalgie.
Tandis qu'avance le bateau, vers une lumière, une côte, de l'incertain, nous gardons, nous retournant, dans la trace déchirée des moteurs, un sillage.
Le sillage est cette mémoire de la côte disparue.
Il y a toujours un chemin entre l'avant et l'après. Parce que tout reste toujours connecté.
Le sillage est l'empreinte neuronale de ce qui a été vécu. La liaison entre tous les cailloux du chemin.
Une sorte de "je n'oublie rien".
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