San Fermin

Posté par Nico dans Ecouter - 19 février 2020 10:04

"Dieu que cette histoire finit mal
On n'imagine jamais très bien
Qu'une histoire puisse finir si mal
Quand elle a commencé si bien"

Tout commence en effet comme un conte, à un moment où le monde devient vaste et généreux, quand découvertes et conquêtes semblent ne jamais pouvoir tarir la curiosité.

Commencé d'écouter les chroniques musicales en fin de matinale d'info, chaque jour, pendant le long trajet qui me mène vers mon nouvel établissement. Un matin, présentation de San Fermin, juste magique, collectif de pop intello bercé de musique classique, emmené par Ellis Ludwig-Leone. Voix chaudes, paroles touchantes, mélodies complexes et savantes, sonorités riches, cordes et cuivres, tout fonctionne sur le premier album, comparé à ce qui devient tout de suite pour moi des références absolues : Sufjan Stevens et Son Lux (je ne connais alors Sufjan que par un ou deux titres "ramenés" de l'école par mes enfants, je n'ai encore jamais développé ma curiosité plus avant).

Mais ce matin-là, j'ai envie de tout connaître, et sitôt arrivé dans ma salle, je retrouve le podcast de la chronique, je reprends les noms des artistes, et commence une exploration systématique. Sufjan devient un dieu, tout simplement, Son Lux un maître des émotions épidermiques, et San Fermin un combo qui mutualise une musique intelligente et raffinée.

Mais San Fermin ne garde pas la stabilité, la sophistication devient pesante (à mes oreilles, en tout cas), et plus rien ne fonctionne par la suite, systématiquement ampoulé et artificiel. Je tombe de déception en déception.
C'est un peu triste, sans être important, mais ce groupe est une sorte de symbole d'un monde en expansion faisant affleurer à lui tout seul une constellation de références.
Se mêle à une certaine nostalgie la crainte diffuse que ce genre de miracle ne se reproduise plus..

illustration article : huffington post

Tags : 2020