Adèle est lasse de la musique que je passe dans la voiture. Longtemps je n'ai pas vraiment su si la musique l'intéressait vraiment, un fond sonore, peut-être, un vague goût.
Elle me dit "je mets ma musique". Je ne suis pas trop surpris de ce que j'entends, j'y retrouve des groupes, des sons, entendus bien des fois à la maison, mais pas que. Il y a surtout un choix réel des titres dans sa playlist. Elle a écouté, elle a sélectionné.
Elle monte le son à l'accroche de ce titre. Elle veut l'entendre. Elle veut qu'on écoute, pour en parler ensuite. Ce titre doit nous faire débattre. Doit faire affleurer des émotions. Et ça marche carrément. Mais, de fait, il n'y aura pas de débat. Nous avons les mêmes mots pour dire combien nous sommes bouleversés.
...Je n'ai jamais compris pourquoi il y avait cette profonde dichotomie passionnée entre les adorateurs et les détracteurs de Saez. Il y a autant de beauté que de facilité dans son œuvre, ni plus ni moins que chez d'autres. Et une belle cohérence.
"la nuit s'agite
on est pas quitte l'horreur des injures je te jure on aurait du passer tout ça recoudre un peu nos déchirures mais la mémoire non n'est pas neuve et ma violence n'est pas nouvelle ces écorchures au fond de moi au goût d'enterrement parfois"