Les Carnets du Grand Chemin

"Le 21ème siècle sera spirituel...

...ou ne sera pas".

Dors, Albert, où que tu sois, surtout si ton âme, par quelque métempsychose, cherche encore un corps à habiter.
Dors, Albert, et surtout ne reviens pas.

Mon 21è siècle se présente comme la jeunesse du grand Charles "un ténébreux orage, traversé ça et là par de brillants soleils", mais faut pas rêver à trop de lâcher-prise, non plus.

Mardi, les flics surveillaient la place où des intégristes rappelaient leur interprétation de la bible pour condamner sans même savoir de quoi elle parle la pièce que j'allais voir après avoir montré patte blanche aux vigiles à l'entrée...

Mercredi, je retournais dans cette salle mise à sang par d'autres intégristes, il y a trois ans. C'était particulièrement déstabilisant. Et puis, rien n'était pareil. J'ai l'impression d'avoir changé d'âge.

Vendredi, Nantes, le Zénith. C'était bon, on était trempé, on avait hurlé "des bons slogans contre les OGM", levé le poing contre la mondialisation capitaliste. En rentrant, nous entendions que nos bons dirigeants avaient versé dans la smartguerre, les smartbombardements, avec de très très bonnes raisons, évidemment (les esprits chagrins se demandaient pourquoi ce moment là était plus opportun qu'un autre, puisque le même tyran gaze son peuple depuis plus de  cinq ans...)

Dors, mon peuple, et dors, mon âme, ça fait toujours moins mal qu'un mauvais réveil.

Le 21ème siècle ne sera rien.

Mais depuis ma grotte, dans mon petit monde autocentré, je continuerai de toujours me réchauffer aux brillants soleils qui me traverseront.

Ce sera toujours ça de pris.


On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans


Grottes

Il reste encore des endroits comme ça à voir, si près, si loin...
Autre temps


Soleil

1er avril.
Pâques.
Je me perdais à chercher sur l'horizon, en Bretagne, un peu de couleur, mais c'est d'ici qu'il fallait attendre l'éclaircie : les hirondelles sont revenues.
Rire et grâce.


photo Deux fois l'an

Deux fois l'an

À croire que là où il y a neige, je suis malade. Deux grippes en une seule saison, c'est beaucoup...


Héro ?

Il y avait parmi les militaires qui encadraient ma section un adjudant qui disait qu'il n'y a de héros que celui qui reste en vie.

De fait, on peut faire du mort, bien au-delà de son acte, ou sur un acte seul,  une construction héroïque, un roman national, une figure tutélaire.
J'ai un souci avec le sacrifice : j'y vois de l'idéologie et du fanatisme, autant chez celui qui fait exploser sa bombe que dans celui qui tente délibérément et imprudemment de l'en empêcher.

Héros ou martyr, la ligne est mince, et la frénésie est toujours un risque sous-jacent. Je n'aime pas Achille outre-mesure.

Mais, Ulysse revenant à Ithaque 20 ans après son départ, Ulysse chanté, conté, mythologisé, me paraît plus "héroïsable". Le vivant peut encore assumer le conte qu'on fait de lui, parce qu'il peut le chanter lui-même.