Les Carnets du Grand Chemin

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Un secret

J’aimerais vous raconter, j'aimerais ne pas garder tout ça pour moi. Voila, je vais vous dire... Non, j'hésite, on ne se connait pas si bien. Si, si, bien sûr, nous sommes amis, comment vous dire, un ami, certes, vous êtes de cette cohorte fabuleuse d'amis apparus ces dernières années, comme je n'en avais jamais eu, moi qui me satisfaisais de la rareté de ceux-là qui me connaissent et me connaîtront toujours mieux que les autres, les exclusifs.

Vous, vous êtes la preuve que je suis aussi un animal social, que je sais aussi parfois enlever des épaisseurs à l'oignon (l'expression est laide ? Vous n'avez pas tort), faire sauter des paravents, être intéressé et curieux d'autre chose... Oui, vous dites vrai, il y a de l'opportunisme dans cette amitié, n'y en a-t-il pas toujours, beaucoup de choses ont changé... Dix ans... Comment ?  Ce que je viens de dire ?


photo Non merci, Eleonor

Non merci, Eleonor

"Bonjour, je suis Eleonor M., du Magazine du Livre", vous connaissez ? Quel libraire ne connait pas le Magazine du Livre, l'hebdo de référence du métier et de toute la sphère du livre, un quasi faiseur de Goncourt, pour le moins le grand décideur des tendances "saisonnières". Quel honneur.
"Vous connaissez Mr X. et son dernier ouvrage de SF ?"
Non, pas du tout, et puis je ne suis pas grand connaisseur de SF...


photo La maison vide

La maison vide

La maison vide est le titre du nouveau roman de Mauvignier. Je ne vais pas en parler, ou très peu, je ne l'ai pas lu, ne le lirai probablement pas parce qu'il sera victime comme beaucoup de livres de rentrée, portés par la promo, d'une exégèse qui dépassera outrageusement ses qualités et son intérêt narratives et stylistiques, exégèse qui permettra d'avoir un avis sans même l'ouvrir, je ne devrais pas m'en vanter, il n'y a pas de condescendance ou de mépris, mais tant de livres à lire ayant au moins autant d'intérêt et besoin de plus de promo de la part des libraires que je me concentrerais sur ces modestes qui n'ont de modeste que leur distribution, et je fais vraiment des phrases trop longues alors que je n'ai pas encore abordé mon sujet.


photo Mood

Mood

Matin de départ. La température à plus de 20 degrés déjà,  6 heures du matin, mais il faut savourer. A cet instant, la lumière est encore douce. Dans trois heures tout au plus, on ne sera pas encore dans le col, mais la chaleur aura saisi les marcheurs sur le sentier dans leur première pause, là-bas sur le presque horizon. Voila ce qui me manque, ici, cette déchirure irrégulière entre le ciel et la terre, pas une élévation folle, non pas une montagne à plus de 2000 mètres, pas la douleur, pas de promesse intenable, d'impossible à rêver, mais juste un balcon avec quelque chose de différent derrière, un courant d'air, un vautour, un buisson de mûres et le froissement du vent.
Il est six heures, et ce paradoxe nous tient : attendre le jour ou s'allonger encore un peu ? Partir et profiter de la fraîcheur ou attendre qu'il soit juste trop tard ?
Écouter une chanson engendre parfois des mélancolies inattendues.


photo Mal

Mal

Perdre sa lucidité. Ça a beaucoup de formes. Je croyais connaître cela parce que j'avais marché en plein soleil, traînant pendant plus de trois heures une douleur aigüe au pied, la tête prise de vertiges et bourdonnante sous l'effet d'un premier stade de déshydratation (waouh, là, ça fait vraiment aventurier) pour ne pas rater le départ d'un dernier bus, il y a quelques années. Cette année, j'ai ajouté quelques cordes à mon arc d'aventurier en carton (plutôt des expériences enrichissantes au final, même si l'une d'elle aurait pu être tragique).


photo Cabre

Cabre

Il y a dix ans, je découvrais aussi le massif cantalien, et le lieu ou je veux résider, mort, moi qui ne crois pas à l'après-vie.