C'est quoi, un point de départ ?

C'est une étrange émotion qui m'a saisi en trouvant cette borne.
Un chemin n'a ni début, ni fin. Il n'y a pas d'endroit meilleur qu'un autre pour partir.
J'aurais dû être agacé de trouver ce plot, cette matérialité arbitraire. Et pourtant, j'ai trouvé ça magnifique de promesse et d'aventure, et la destination y est sûrement pour quelque chose. Venise.
S'il est une destination, vraiment, autant que ce soit celle-là. Cependant, je ne vois pas comment Venise peut être la fin de quelque chose, tandis que cela se légitime davantage dans le cas de la Pointe du Raz. Venise n'est la pointe, la fin, de rien, certainement plus le milieu de tout. Peut-être cette borne n'indique-t-elle que la première étape d'un périple infini, capable de nous projeter d'une destination fantasmée vers une autre.
Reste que ce départ, et que tout ce chemin, restent balisés. Il est ce que toute forme de gouvernement aime nous donner : un sentier, un canal, pour faire de nous des suiveurs de balises dans le chemin d'une fausse liberté.
J'ai choisi : dans les broussailles, sur gauche, s'ouvrait une sente d'animaux. C'est par là que j'ai bifurqué.