C'est régulier. D'être branché sur courant alternatif, en permanence, ce sont des choses normales. Reste qu'elles sont pesantes. Qu'il faut laisser passer le truc. Attendre.
Noirceur, vide émotionnel, immobilité intellectuelle. Ça va revenir. Comme d'habitude. D'être branché sur courant alternatif, il faut avoir patience et espoir. Sinon, on sombre vite dans la contemplation du vortex qui nous bouffe.
En ce moment, j'aime pas grand chose de ce que je lis ou écoute. Les trois dernières chroniques Mowno m'ont permis d'égratigner, gentiment, trois monstres de mon panthéon : Sufjan Stevens, Son Lux et Damien Jurado. Parmi les autres articles faits ou à faire, pas d'émoi particulier. J'essaie toujours de ne pas courir absolument après des artistes que je connais et aime déjà, j'essaie d'aller vers des découvertes, de secouer la zone de confort, etc.. mais là, rien, rien rien ne m'émeut..
Le nouveau rock post tout ce qu'on veut m'emmerde. La musique d'expert intello me gave, c'est tellement propre que ça n'a plus aucune émotion, les apôtres néo-classiques autoproclamés ou acousticiens en herbe me font un peu pitié, le reste est du recyclage, bref, il reste soit la nostalgie, soit la "grande" musique comme refuge. Et même là, je tourne en rond.
Quant aux concerts, ok, j'ai ré-essayé, c'est gentil, mais ça va pas le faire pour le moment. Progs de fond de tiroir (mais on ne peut pas le reprocher aux programmateurs en ces circonstances), réservations, placement, impossibilité de bouger, d'aller aux toilettes, de se lever, pas de bar, (sauf après, quand tu as juste envie de courir chez toi pour oublier tout ça), distance entre les participants, fléchage au sol...
J'ai envie de mélodie, simplicité, paroles vindicatives, j'ai envie d'être étreint, embrassé, enlevé, je veux du mouvement, de la perforation, je veux qu'elle me foute à terre, qu'elle me piétine, qu'elle me lance en l'air. Mais la musique ne me fait rien. Elle me dégoûte même de me déplacer la voir, l'écouter, la chanter, la rire, la provoquer, la pleurer.
La musique ne me fait rien, et je n'ai rien pour combler le manque qu'elle laisse.
Vivement l'été. On pensera à autre chose. Forcément. Vivement la purge, vivement le soleil, vivement l'ascendance, vivement l'amnésie. C'est comme ça que ça marche, chaque fois.
Et vivement la brise, dans le dos, qui ramène ce déséquilibre suffisant pour remettre en marche.
Ça va déjà mieux en l'écrivant.