Les Carnets du Grand Chemin

photo Amer

Amer

Je voudrais profiter de la chaleur, je voudrais être apaisé. Je voudrais transpirer et la sagesse et la paix. Je sais que je n'y arriverai jamais. Tout m'atteint. Toujours. Trop. J'ai toujours privilégié, face à la violence subie, et même celle que j'aurais pu, que je peux, faire, la fuite, l'éloignement. Le silence et la solitude plutôt que l'affrontement. 
Qu'on ne s'y trompe pas, je n'y trouve pas d'apaisement. Le bruit, les images qui me parviennent chaque jour, à toute les échelles, alors que je tente de m'en protéger, me heurtent brutalement. Ce sont des béliers qui m'ébranlent. La tour se fragilise, irrémédiablement. Je suis pourtant plutôt protégé par la vie.

Je ne choisirai jamais le combat. Je donnerai toujours de l'eau à un frère. Même si ce frère m'emmerde. Je ne m'engagerai jamais pour une idée. Je l'ai toujours dit, je le répèterai toujours : choisir un camp, c’est se priver d'écouter l'autre, adopter des mots, des discours, des sophismes qui ne sont pas les miens, et défendent plus un pouvoir qu'une éthique. Je ne peux concevoir avoir raison, savoir mieux, prétendre à plus.

Je veux juste qu'on me permette de tanguer, encore, de trouver plus beau le papillon que la guerre, d'errer, de rire de tout, surtout de moi, et de ne croire en rien qui puisse faire mal. Ce déséquilibre qui m'inspire et me confirme être vivant, je le chéris jusque dans son effrayante fragilité.

J'ai eu un discours (celui-là je l'aurai toujours, même si j'en suis l'apôtre le plus contestable et le plus contradictoire). Je fais déjà partie des vainqueurs. Mon combat est terminé. Mille fois on m'a raillé, mais le discours est acté d'une adaptation, puisque nous n'avons pas voulu changer les choses. Dans cette adaptation, je ne vois que l'aveu d'une erreur, plutôt d'une malhonnêteté assumée : la terre brûle, maintenant nous l'admettons. Mais nous savons qu'il ne sera jamais rien fait. Nous trouvons le brasier trop beau.

Dorénavant, même ça, je m'en fous. Je ne veux pas mourir cinglé.


photo Qui suis-je ?

Qui suis-je ?

Un peu de tout ça


photo Le bord de l'assiette

Le bord de l'assiette

Je rêvais depuis quelques années de marcher sur le bord de l'assiette. De trouver cette perspective de carte postale que les OT nous survendent de ce territoire. Alors qu'en fait, il suffit de monter et d'approcher la falaise. N’importe où. Ça fonctionne à chaque fois. Parce qu'en effet, le Vercors est une assiette dont le challenge est d'arpenter le contour festonné et vertigineux. Alors les perspectives se noient dans un sfumato vénitien qu'on ne croyait exister que chez Léonard de Vinci.


photo Bouleversé

Bouleversé

La plus bouleversante, la plus sensuelle, la plus délicate, la plus évidemment et la plus désespérément amoureuse (ou pas) image de cinéma que je connaisse, du film le plus bouleversant, sensuel délicat et intimement amoureux (ou pas) du cinéma.


photo Kanji

Kanji

Je finissais presque par me dire que la qualité de ma lecture et ma capacité à me laisser épingler sombraient tranquillement à cause de la quantité de livres que j'essaie d'avaler pour pouvoir en parler. Il y  aurait beaucoup à dire sur la relative rareté des ouvrages marquants, singuliers, brillants, sur le volume des parutions, sur l'annihilation du goût sous la quantité et les obligations. Mais parlons peu et directement : ça faisait longtemps que je n'avais pas lu une phrase qui me fasse ainsi lever la tête, et là encore, on pourrait s'interroger "mais pourquoi cette phrase, pas si fofolle, plus qu'une autre ?" Et bien... allez savoir... Probablement une affaire de contexte (je crois que je tiens avec ce mot la clé de toutes les les interrogations précédentes..."

Ha oui, la phrase, au fait :


photo "Il te serait dur de regimber contre les aiguillons"...

"Il te serait dur de regimber contre les aiguillons"...

sur les phrases qu'on ne comprend pas.

Sur les routes de Damas et de Jéricho...

Sur la destinée ? (provoc)

Sur la conversion, sur le baptême

Sur la lumière et la chaleur, les malaises, les visions

Sur la ligne qui va du néant à la guerre

Sur le sable

Sur le mensonge

Photo de David McLenachan sur Unsplash