Animal on est mal

Posté par Nico dans Ecouter - 20 avril 2021 12:38

Petit billet en guise de bestiaire manséen. On ne trouvera pas toute la ménagerie, toutes les bêtes citées ici ou là, mais des images utilisant les animaux ou les mettant en scène. On pourrait faire pareil avec dieu ou les enfants, la neige, le sang, les jardins, la mer, les arbres...
Je le ferai peut-être une autre fois, quoi que je doute de l'intérêt de l'exercice. Celui-ci sur les animaux était évident, parce que la puissance de torsion que La capacité de Manset à donner à tout un texte par le détournement des symboles, le fracas des vocabulaires, des sens, m'a dès les premières écoutes fidèlement lié à lui.

C’est parti pour le plus long et fastidieux billet de ce blog, dans lequel on croise des chiens, des chevaux, des pigeons, des fourmis, des échinodermes, des lézards, des buffles, des crabes, de faux moineaux, des pies, des loups, et aussi des harengs...

Album Animal On Est Mal :

"Animal, on est mal... Et si on ne se conduit pas bien
On revivra peut-être dans un peau d'un humain" (Animal on est mal)

"On avait vu le miracle des loups
Qui ne sont pourtant pas meilleurs que nous
Les flocons sur sa taille fine
Comme s’il tombait des hermines
Des nues
Mais lorsque la neige a fondu
Elle était nue" (Mon Amour)

"Au milieu d’un champ de blé, une petite fille
Ramasse les épis qui sont coupés
Elle s’amuse à jeter dans le vent des brindilles
Qui volent comme un oiseau blessé" (L'arc en Ciel)

"La tête la première
On entre dans la fourmilière
Car on sait que
Là-haut sur la terre
Au loin, le désert
Des larmes de pierre
Le monde à l’envers" (La Dernière Symphonie)

Album La Mort d'Orion :

"Il faut les laisser faire
Ce ne sont que des mammifères
Dans ce monde de prose
Où rien ne tient quand on le pose" (la mort d'Orion)

"Les rides entrecroisées
Le visage froissé
De brebis
Vivent les hommes" (Vivent les hommes)

Album "Long Long Chemin" :

"Glacés, nos ongles pousseront
Le lierre sera notre maison
Les feuilles mortes et les fougères
Les animaux à fourrure et le sang des rivières
Nous tendront les bras"  (Ne change pas)

"L’oiseau de paradis
Chante toute la nuit
Fermant sa porte au bruit
Du monde qui l’ennuie" (L'oiseau de Paradis)

"On lui mit autour du cou
La dent du dernier cheval mort
Qu’on avait amené chez nous
Et dont on dit qu’il bouge encore" (Jeanne)

Album "Ya une Route" :

"Y a même un chien qui court
La tête entre les mains" [...]
"Y a une route emplie d'oiseaux
Aux yeux malades
Qui regardent vers l'équateur
D'où vient la fumée qui fait peur" (Y'a une route)

"Sors de ta coquille
Comme un chien
Dans un jeu de quilles
Oublie d'où tu viens" (Attends que le temps te vide)

"C’est un parc où vont les bêtes
Et l’eau leur coule sur la tête
Au milieu des chevaux sauvages
Chacun se cabre sous l’orage" (C'est un parc)

Album  "Rien à Raconter" :

"On marche de travers comme un crabe
Et la mer descend
Adieu les vases bleues, les pas traînants
Sables mouvants, sables heureux
Sables de vent de vases bleues" (Les vases bleues)

Hommes, bêtes et femmes sont en guerre
Et la mer descend (Les vases bleues)

"Cheval d’hier
Avec tes yeux verts,
Cheval d’un soir
Avec tes yeux noirs,
Cheval, cheval
Pour ce que les hommes valent.
Cheval, cheval,
Chevaux, chevaux,
Evite-le bien, ce lasso.
Ta crinière, tes yeux de veau,
Le grand dessin de ton manteau,
La fumée sort de tes naseaux.
Cheval, cheval,
Chevaux, chevaux,
Evite-le bien, ce lasso.
Quelqu’un derrière un rideau
T’a vu passer, pris dans ton dos.
Cheval, cheval,
Chevaux, chevaux.
A côté d’un cheval, qui de nous
Peut vivre un seul instant sans se rompre le cou?
A côté d’un cheval, qui de nous
Peut vivre quand quelqu’un le tient par le cou?
Non, non, non...
A côté d’un cheval qui tombe à genoux,
Tu verras qu’il se tient beaucoup mieux que nous.
A côté d’un cheval qui comprend tout,
Tu peux monter dessus, tu peux monter dessous.
Non, non, non..." (Cheval Cheval)

"Je suis l’arroseur arrosé,
Le cordonnier le plus mal chaussé,
Le chien auquel on passe un collier.
Je n’ai rien à raconter
Non plus
Aux autorités.
Je n’en peux plus.
Je suis un cheval fatigué
Qu’on mène à la salle des pas perdus". ( Rien à Raconter)

"Cueille les fruits de ton verger
Laisse la pie noire s’envoler
Amène l’eau, amène-les
Sur une chaise et mange-les" (La Pie Noire)

"Rouge-gorge,
Ouvre ta gorge rouge
Gorge.
Viens manger du pain dans la main
De celui qui t'aime.
Ouvre tout grand les ailes
Et vole ainsi au-dessus des moulins
De la vie, de la vie,...

Rouge-gorge,
Ouvre ta gorge rouge
Gorge.
Continue de chanter l'été,
La gorge serrée.
Ouvre tout grand les yeux
A mille lieux au-dessus des moulins
De la vie, de la vie...

Rouge-gorge,
Gorge rouge et fatiguée,
Combien faudra-t-il te donner
Pour que tu puisses monter
En haut de l'escalier
Du dernier des paliers alignés
De la vie, de la vie..." (Rouge-Gorge)

Album 2870 :

"Ici c’est le temps qui s’arrête
Comme un oiseau sans tête" (Amis)

Album Royaume de Siam :

"Puisqu'on me laisse le moyen d'y croire
Un chien sans sa laisse, ça doit mener quelque part" (Fini d'y Croire)

"Tu mettras de l’eau sur le front
De ceux que tu aimes et qui saignent
Au milieu d’enfants endormis
Et d’oiseaux tombés du nid [...]
T
u mettras de l’eau sur le front
De ceux que tu aimes et qui saignent
Au milieu d’enfants inconnus
Et de loups, de chiens perdus..." (Le Jour Où Tu Voudras PArtir)

Album L'atelier du Crabe :

"Mais, de l'autre côté de le rivière
T'as des hommes qui mangent des chiens" (Le manteau rouge)"Mais tu peux partir quand même
Y a des poissons qui t'emmènent
Poissons d'argent
Poissons volants
Poissons de feu
Poissons de glace
Poissons aux ongles qui cassent" (Les îles de la Sonde)

"Mais y'a pas de mystère aujourd'hui comme hier
T'es la même fourmi dans la même fourmilière" (Musique dans la tête)

"Tu as le coeur qui bat trop vite
Dans le ciel tout là-haut
Tu regardes les oiseaux
Voler vers l'Amérique" (Les rendez-vous d'Automne)

Album Le Train Du Soir :

"Y'a le train qui roule dans le noir
Comme un chien qui pleure dans un couloir [...]
Y'a le train qui roule dans la nuit
Comme un chien qui pleure dans un taudis [...]
Y'a le train qui roule dans le noir
Comme un chien qui pleure dans un couloir
Et moi je pense à toi, et je pense
Et y'a le chien qui roule dans le noir
Et personne m'attendra ce soir..." (Le Train Du Soir)

"Quand les jours se suivent
Quand il faut les vivre
Comme des bêtes qui tirent le soc
Dont les cornes s’entrechoquent" (Quand Les Jours Se Suivent)

"A leur cou, pas de collier
Pas de montre à leur poignet
C'est les loups...
Venus du bout du monde
Et leurs poches sont pleines de bombes
C'est les loups...
A leur coup, pas de collier
Pas de montre à leur poignet
C'est les loups...
Avec eux y'a jamais de fin
Reviendront quand ils auront faim" (Les Loups)

"Tout ce qui t’appartient
N’oublie pas de le rendre
N’oublie pas de le donner
Aux chiens
Et dans ton sac
Une vipère pleure
Un arbre craque
Le vent soulève les fleurs
Tout ce qui t’appartient
N’oublie pas de le rendre
N’oublie pas de le donner
Aux chiens" (Pas de Nom)

"Tu resteras seul
Avec des mouches plein la gueule
Les semelles collées
Tu sentiras dans ton dos
Glisser les anneaux
Du serpent froid
Ce sera la dernière fois" (Comme Un Guerrier)

"Tout à l’heure, en prenant le métro
J’ me disais qu’on était tous égaux
Comme des harengs qu’on sort de son frigo" (Maubert)

Album Lumières :

"Mais où sont passées les lumières
Qui nous guidaient ?
Le lion secoue sa crinière
A chaque coup de fouet
Derrière les barreaux de fer,
Sans illusion.
Derrière les barreaux de fer,
De sa prison" (Lumières)

"Millions de vies cachées dans des maisons de tôle,
Fourmi portant le monde sur tes épaules
Qui plie mais ne rompt pas comme le saule,
Fourmi portant le monde sur tes épaules
Maisons châteaux,
Murs de sable, murs de vent,
Souffle de l'avenir nous soulevant
Comme une feuille d'arbre pourrissant,
Jaune et dorée sous le soleil couchant
Comme un chien qui s'est tût
Et toi que deviens-tu ?
Je te demande :
Et toi que deviens-tu ?" (Que deviens-tu ?)

"Nous avons des vies monotones,
Entourés d'hommes et de chiens,
Ceux qui mangent dans notre main,
Ce sont ceux-là qu'on abandonne" (Vies Monotones)

"Les villes sont des villes bordées de nuit
Peuplées d'animaux qui marchent sans bruit
Toujours, dans votre dos, la peur vous suit
Toujours, dans votre dos, la peur" (Entrez dans le Rêve)

Album Prisonniers de l'Inutile

"Derrière nous, campagnes et villages
Ensevelis sous le lierre sauvage
Ou seul un chien peut-être vit tranquille.
Nous sommes prisonniers de l'inutile". (Prisonniers de l'Inutile)

"Ne jamais regarder par la vitre arrière
Les lézards enlisés sous les bancs de pierre,
Les buffles ensablés le long des rivières,
Les tempes dégagées, les cheveux en arrière" (Mauvais Karma)

Album Matrice

"Reviennent,
Comme des chats tombés d'une gouttière,
Les visages tristes et sans paupières
Des enfants qui jettent des pierres." (Banlieue Nord)

"Renvoyez-nous pour notre bien
On n'en veut pas plus on demande rien
Que nager dans le grand liquide
Comme un tétard aux yeux vides" (MAtrice)

Album Revivre :

"Vagabond va finir par s'arrêter
Se poser là-bas
Comme une chienne met bas
Innombrable portée
De son rêve ici-bas" (Le Lieu Désiré)

"Qu'on a pas eu le temps de terminer le livre
Qu'on avait commencé hier en grandissant,
Le livre de la vie limpide et grimaçant
Où l'on était saumon qui monte et qui descend,
Où l'on était saumon, le fleuve éclaboussant,
Où l'on est devenu anonyme passant,
Chevelu, décoiffé, difforme,
Chevelu, décoiffé, difforme se disant
On voudrait revivre, revivre, revivre" (Revivre)

Album La Vallée de la Paix

"On visite à deux ce qu'on a vu seul.
L'oiseau merveilleux qu'on a relâché
A pris son vol,
L'oiseau merveilleux
Dans le formol [...]
Tout est méduse ou murène,
Sur l'océan désolé.
Tout est semblable aux arènes,
Aux chrétiens écartelés,
Au divin dissimulé
Entre les brûlures du sel". (Quand le jour se lève)


"Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre
Mais le filet peut bien se tendre,
Tout est gibier qu'on plumera.
Y a-t-il un bonheur ici-bas?" (Deux Pigeons)

"Sait-on ce que l'on a connu?
Des singes ou des échinodermes
De cette faim sous notre derme
De cet épilogue frileux,
Plus misérable que galeux.Sait-on ce que l'on a connu?
Des singes ou des échinodermes,
De cet enfant sous notre derme,
A qui l'on a touché la joue
Plus misérable que frileux,
Plus molécule que galeux?
Nous sommes des échinodermes
A la muqueuse qui se ferme
Sur un fond de monde perdu
Et nous nous battrons à mains nues.
Nous sommes des échinodermes
Dont la carapace renferme
Un vin, venin douloureux
Et nous nous battrons d'autant mieux [...]
Et ce jour-là sur notre tombe,
Un oiseau des plus audacieux
Mangera la chair de nos yeux" (La Ballade Des Echinodermes)

Album Jadis et Naguère

"Comme le tonnerre lorsqu'il tonne
Et qu'il n'a ni foi ni loi
On dit l'amour est aveugle
On entend les bœufs qui beuglent
Les chevaux hennissent d'effroi" (L'amour Aveugle)

"A quoi sert le passé
Les hommes, les bêtes qu'on a vus
Les jouets sont maintenant cassés" (A quoi sert le passé)

"Quand il était gosse
Fait de plaies de bosses
Comme un chien qui rongeait son os" (Quand Il Etait Gosse)

Album  Le Langage Oublié

"Demain il fera nuit
Je l' ai lu dans un livre
Et les enfants iront
De porte en porte , de ville en ville
Et les rats s' enfuiront
De porte en porte , de ville en ville" (Demain Il Fera Nuit)

"Dans le jour indolore
Et dans l'air inodore,
Repose sur le pourpre,
Entouré des siens,
Et pas même un chien
Pour lécher sa paume,
Son bras recourbé" (Quand On Perd Un Ami)

"En ce jardin maudit du XXIème siècle
Où les enfants mauvais jouent sous les branches
A quelques faux moineaux jetant de fausses miettes
Cependant qu’on leur dit que c’est dimanche (Dans Les Jardins Du XXIe Siècle)

Album Obok

"Je l'ai posé près de la route
C'est cette eau sale qu'il a bue
Cadavres de chiens, de zébus
C'est cette eau sale qu'il a bue
Car j'ai vu son visage" (L'enfant Soldat)

"Elle avait pas dormi depuis deux ou trois jours
Une petite fauvette aux yeux peints" (Fauvette)

"Ne les réveillez pas
Ils sont dans leur sommeil
Comme de petits oeufs
Comme de jeunes abeilles
De simples arbrisseaux
Poussant près des fontaines" (Ne les réveillez pas)

Et le jour était là, comme un enfant recueille
Un couple d'oisillons (Veux-tu ?)

Autres :


Moi j’étais comme une épave
Comme un chien couvert de bave
Contre elle des heures entières
Accroché comme le lierre(Bergère)

Illustration : Enki Bilal pour la compilation Route Manset, photo récupérée ici