Il y a chez Philippakis quelque chose qui fonctionne à fond avec moi. Dans la voix, dans le sens mélodique, dans l'approche intello cachée derrière la brutalité, dans la détresse d'un monde perdu, dans l'envie d'une méditerranée nouvelle, dans l'utopie multiculturelle, dans l'héritage, la mémoire, les lieux, les images et ce qu'on en fait, dans l’instabilité redoutée et nécessaire à toute construction durable, le doute qui dévore et qu'on chérit, la colère à peine maîtrisée qu'on dissimule derrière les sagesses stoïciennes, les grognements, les aboiements moins effrayants que les pleurs, et la peur, la peur, la peur...
J'avais fait un post il y a quelques années sur Mountain at my gates.
Je pourrais encore en faire sur Spanish Sahara, What went down, Inhaler, Neptune...
Et puis il y a ça. Ostinato immuable, rythmique en danseuse au-dessus du vide, voix en imprécation rageuse. Encore une fois, ressortir cassé par les secousses, l’imparable équilibre entre mélodie, puissance, limpidité, férocité, abrasivité, musicalité.
Efficacité. Évidence. Équilibre.
A ajouter d'urgence sur la playlist de mon enterrement