...et la pensée suffocante, que souille de noir une éponge sale, essorée dans la tête.
Un jour sera colmatée cette fuite.
Par mes veines ouvertes, je sortirai, comme un enfant de sa mère.
Mes yeux verront le monde. Ils le verront vraiment. Et comme je serai sûr, je ne croirai plus rien.
Après, que je devienne pluie ou bien cendre, ça ne regarde que le vide.
Un jour s'arrêteront de couler ces gouttes noires.
Ce suint amer et hurlant qui me prive de vivre.
Je serai seul et blanc. Tous et toutes serez beaux. Avec des cravates et une larme à l’œil. Ça fait partie du jeu. Parfois j'ai cru que non.
Mais il n'y a qu'à voir le ballet. Des regards par-ci, des mots posés par-là.
Nous ne savons pas ce qui est, ne le saurons jamais. Alors nous parlons. On croit être léger. Pour ne pas exploser.
Alors je saigne. Et la tache noire retrouve ce volume si juste qu'elle a toujours eu. Jusqu'à sa base, là-haut. Dans le cerveau.
Ça frappe doucement aux hémisphères. "Je suis juste à côté, n'ai pas peur, je ne t'ai pas oublié". La voix est douce, noire. Elle glisse jusqu'à l'étouffement. Vieille amie. Vieille chienne.
C'est un jeu. Parfois j'ai cru que non.
Je prenais ça trop au sérieux. La lassitude, peut-être.
Je sais que j'ouvrirai, un jour, cette putain de porte. J'ai un peu peur, j'avoue. Pour l'instant je m'en fous. On n'a pas peur d'une fuite. Je crache sur le bout de mon doigt. J'essuie la tache noire. J'évite d'appuyer sur l'éponge. Et je ne pense à rien.